à l’offensive pour poursuivre la reconstruction du PCF rencontre en visio sur la préparation du 40e congrès du PCF

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La rencontre en visio le 5 mai sur la préparation du 40e congrès du PCF, a réuni 80 participants avec 20 interventions en 2h30 et de nombreux commentaires dans le chat. Elle était organisée par les auteurs de la contribution « Face aux guerres impérialistes et à la crise systémique du capitalisme, à l’offensive pour poursuivre la reconstruction du PCF ».

Voici un résumé court réalisé par une IA… l’écriture est un peu désincarnée, mais le résumé est assez correct…. Et constitue une bonne introduction au résumé des principales interventions et échanges

Cette analyse basée sur les débats de cette visio préparatoire aux échanges des sections et fédérations préparant le 40e congrès du PCF, révèle une organisation à la croisée des chemins. Le contexte est marqué par une proposition de réorientation stratégique majeure, axée sur le socialisme, la réindustrialisation et l’alignement sur un monde multipolaire émergent. Cette vision constitue une opportunité significative de redéfinir l’identité et le projet du parti. Cependant, cette ambition est fragilisée par une fragmentation interne, renforcée par le mécanisme des “textes alternatifs”, et une inquiétude de nombreux militants sur l’avenir du PCF dans un contexte de crise économique violente et d’instabilité géopolitique croissante, et donc un environnement à haut risque. Le succès du congrès dépendra de la capacité du parti à dépasser ses divisions pour transformer sa vision stratégique en une force politique unifiée et mobilisatrice, relevant le défi d’un contexte international et économique très dégradé.

Résumé des interventions introductives et synthèse des échanges

Contexte historique des congrès, des textes alternatifs et de la stratégie du Parti (Hervé)

L’intervention de Hervé Poly a posé le cadre historique des débats actuels au sein du PCF. Il a retracé l’évolution du Parti depuis l’abandon du centralisme démocratique en 1994, expliquant comment les textes alternatifs sont devenus un outil de résistance face à une ligne politique perçue comme liquidatrice, avant de justifier le choix actuel de travailler sur la “base commune”.

Il a rappelé le 28e congrès (1994), moment charnière marqué par le départ de Georges Marchais et l’abandon du centralisme démocratique, dans le contexte de la chute de l’URSS (1991) et du sabordage brutal du Parti Communiste Italien, qui avait été le promoteur de « l’eurocommunisme » utilisé en France par ceux qui voulait rompre avec l’histoire marxiste-léniniste du PCF, qu’on appelera plus tard les “rénovateurs”, qui obtiennent l’abandon du centralisme démocratique, première étape de la banalisation du parti.

L’émergence des textes alternatifs au congrès « de la mutation » de Martigues en 2000 est à la ois une étape de plus vers un parti social-démocrate classique, mais contradictoirement un “outil structurant pour celles et ceux qui refusaient la dilution et l’effacement du parti”. Cette période a vu la naissance du réseau “Faire vivre et renforcer le Parti communiste français”, qui s’est opposé aux orientations de la direction. Ce réseau, tout en utilisant les textes alternatifs, n’a jamais agi comme une tendance cherchant à obtenir des postes, mais comme une force de résistance idéologique.

“C’est pourquoi, pour notre part, nous considérons que l’usage des textes alternatifs s’inscrivait dans un contexte de lutte contre un processus de liquidation idéologique de notre parti. Ils ont été un outil nécessaire pour y faire face. Mais ce n’est plus […] le cas aujourd’hui depuis le 38e congrès.” - Hervé Poly

Le tournant majeur est le 38e congrès, où un texte alternatif, “le manifeste”, est devenu majoritaire. Cet événement marque la fin de la phase de “liquidation” et le début d’une phase de “reconstruction”. C’est cette nouvelle ère qui justifie notre stratégie actuelle : amender la “base commune” plutôt que de proposer un nouveau texte alternatif, considérant que la base actuelle est un outil de débat amendable et que le parti n’est plus menacé de la même manière.

Le Socialisme comme projet concret et point d’appui pour l’action militante (Esteban)

Esteban a abordé la réaffirmation du socialisme dans la “base commune”, non pas comme un concept abstrait, mais comme un projet politique concret et un “fil rouge” pour l’action militante. Il montre que ce n’est pas un simple mot vidé de son sens, en le reliant à des propositions tangibles comme le plan climat et la réindustrialisation.

Il rappelle que la mention du socialisme dans la “base commune” est le fruit de “milliers d’heures de discussion” et de travaux concrets menés par les communistes. C’est notamment l’enjeu de rompre avec le déclassement de la France par le redéploiement d’un appareil productif national, soutenu par des services publics forts. Les piliers de ce projet sont clairement identifiés : nationalisations, planification démocratique, et coopération internationale.

Il prend l’exemple de la nationalisation d’ArcelorMittal. Il ne s’agirait évidemment pas de “socialiser les pertes”, mais de planifier la production d’acier pour répondre aux besoins futurs de la transition énergétique, un investissement que le capital privé ne réalisera pas. L’intérêt de la nation diverge de celui du capital, justifiant l’intervention publique.

Pour nous, le projet socialiste porté par le parti doit être articulé autour de propositions concrètes et directement liées aux luttes quotidiennes, telles que la nationalisation d’industries stratégiques, pour en faire un outil mobilisateur et non un simple débat théorique. C’est alors un “point d’appui formidable” pour les militants, permettant d’articuler les luttes locales avec un projet de rupture avec le capitalisme. Cette vision stratégique, qui replace les élections dans une perspective de reconstruction à long terme (15-20 ans), permet de sortir de “l’électoralisme”.

“C’est un point d’appui formidable pour les militants communistes, un fil rouge qui permet de nouer, d’articuler toutes les luttes qu’on a au jour le jour, avec un projet porté au devant du peuple sur une rupture avec le capitalisme et la construction d’autre chose.” - Esteban

Le contexte international et de la crise de l’impérialisme (Franck)

Franck a livré une analyse géopolitique dense, décrivant la crise de l’impérialisme hégémonique occidental face à l’émergence d’un monde multipolaire structuré autour des BRICS et de la Chine. Il a soutenu que cette transformation mondiale est le facteur principal déterminant la situation politique en France et en Europe, et que le PCF doit y adapter sa stratégie.

Il part d’une définition matérialiste de l’impérialisme, dominé depuis la Seconde Guerre mondiale par les États-Unis. Ce système néocolonial est aujourd’hui en crise car la structure productive mondiale a changé. Les USA assurait 80 % de la production industrielle il y a un siècle, aujourd’hui, plus de 70% de la production industrielle est réalisée au sein des BRICS. Ces derniers, avec la Chine en leur centre, ne sont pas un “nouvel impérialisme” mais une force qui impose la fin du système hégémonique.

“Le monde multipolaire est déjà là. La base commune le dit d’une certaine manière, mais elle n’en tire à mon avis pas toutes les conséquences. Il est en train de se construire, de se structurer, et il est en train de mettre fin à l’hégémonie occidentale.” - Franck

Cette crise de l’impérialisme occidental engendre une crispation qui se manifeste par la guerre, la fascisation et la menace d’un conflit généralisé. Cependant, cet impérialisme subit des échecs successifs (en Russie, au Niger, en Palestine, en Iran), démontrant les limites de sa puissance. Pour la France et l’Europe, arc-boutées sur une politique “atlantico-européiste”, les conséquences sont une dépendance accrue et le risque d’une récession massive.

Face à cette situation, il propose trois axes stratégiques clairs pour le parti : 1. Le socialisme : Pour reconstruire l’économie sous le contrôle des travailleurs. 2. La souveraineté : Base d’une démocratie sociale et d’une reconstruction nationale. 3. L’adhésion au monde multipolaire : Ce qui implique la sortie de l’UE et de l’OTAN, et la création de nouveaux partenariats (BRICS, Afrique, Amérique Latine).

Il critique la “base commune” pour son caractère descriptif et son manque de prise de position claire sur ce sujet, tout en reconnaissant qu’elle constitue un point de départ. Il appelle à l’amender pour y intégrer une définition matérialiste de l’impérialisme et un engagement clair de la France pour le monde multipolaire.

C’est un enjeu majeur du 40e congrès. La compréhension de la transition vers un monde multipolaire et la crise de l’impérialisme doit dicter la stratégie du parti. Les propositions incluent une rupture avec l’UE et l’OTAN et un alignement sur les nouvelles dynamiques mondiales, liant dialectiquement la lutte pour le socialisme en France à la transformation des rapports mondiau

Débat général sur la stratégie du 40e Congrès, les divisions internes et l’avenir du Parti

La discussion a exprimé les inquiétudes de nombreux intervenants concernant le 40e congrès, sur la prolifération des textes alternatifs, et la crainte d’une division des forces ayant porté le 38e congrès, s’interrogeant sur la nécessité de renforcer le parti face aux défis internes et externes.

1. La question des textes alternatifs : Un consensus s’est dégagé parmi de nombreux intervenants sur le danger que représente la multiplication des textes alternatifs. Stéphane Bellanger a résumé ce sentiment en expliquant que si les textes alternatifs étaient un “mal nécessaire” pour renverser la ligne de “liquidation” avant 2018, ils sont devenus aujourd’hui un “couteau à double tranchant” qui risque d’éclater les forces de la reconstruction et de faire le jeu des “refondateurs”.

2. Le manque de confiance : Un camarade de Stains considère que des situations locales non résolues alimentent le soutien à des textes alternatifs. Il décrit un sentiment de “trahison” de la section de Stains par sa fédération (93) sans soutien de la direction nationale. La fédération a imposé l’accord avec LFI contre l’avis très majoritaire de la section. La direction nationale a accepté l’accord départemental conduisant à son soutien à un un texte alternatif par déception et non par opposition fondamentale à la ligne majoritaire. Ce témoignage a mis en lumière le décalage entre les orientations nationales et leur application dans certaines fédérations.

3. La nécessité d’unité et de discipline : Plusieurs militants de longue date ont exprimé une “notion d’urgence” face aux “magouilles” de ceux qui veulent un rapprochement avec La France Insoumise (LFI). Ils appellent à se resserrer autour de la “base commune”, même imparfaite, et à restaurer une discipline de parti.

4. La stratégie pour le congrès : Marie-Christine, a défendu la “base commune” comme un texte “profondément amendable” qui affirme la poursuite du 38e congrès. Elle montre que le texte stratégie communiste, qui se présente comme plus marxiste porte pourtant sur la présidentielle la répétition des échecs de 2007 et 2017 résultats de la mutation. En 2007, les communistes cherchent une « candidature du mouvement social », Marie-Georges Buffet devant être candidate au dernier moment et dans la défensive, avec un score de 1,9 %. En 2017, les communistes sont très divisés, avec un vote militant de justesse pour soutenir Jean-Luc Mélenchon en « menant une campagne autonome », qui est bien sûr oubliée immédiatement. C’est une date clé d’abandon de l’identité communiste qui installera pour longtemps LFI dans notre électorat, mais conduira contradictoirement à la réaction militante du soutien au manifeste pour le 38e congrès en 2018. Aujourd’hui, pour sortir du piège de l’électoralisme, dans sa version « il faut empêcher le projet raciste du RN, qui ne peut conduire qu’à renforcer le candidat de droite présenté comme le seul capable de battre le RN au second tour », comme dans sa version « il faut empêcher Glucskman d’être dominant à gauche » qui ne peut conduire qu’à renforcer la confusion politique sur LFI et masquer sa nature social-démocrate. Il faut se mettre d’accord sur le contenu d’une campagne présidentielle qui porte un projet de rupture et appelle à la reconstruction d’une force communiste.

L’objectif est de produire un texte final renforcé qui rassemble les communistes attachés à l’orientation du 38e congrès, plutôt que de diviser les votes entre plusieurs textes, en prenant le risque de la fragmentation, affaiblissant le parti à l’approche d’échéances cruciales. Il faut travailler à l’unité en consolidant la “base commune” et appeler les rédacteurs des textes alternatifs issus du manifeste à travailler à enrichir cette base commune.

La reconstruction et la structuration du Parti (Clara)

La conclusion s’est concentré sur les enjeux organisationnels du parti, autour de deux axes majeurs, le renforcement (adhésions) et la structuration (cellules, fédérations), tout en évoquant la nécessité d’une future réflexion sur les statuts.

Clara note un changement positif dans la perception du parti : là où on nous disait parfois avec dédain « mais vous existez encore ? », aujourd’hui, on nous dit, « je suis d’accord », ou « je ne suis pas d’accord » ou même « vous cassez l’unité ». Le défi est de transformer la sympathie qui existe en adhésions. Elle insiste sur l’importance de campagnes structurantes (industrie, paix) et d’une candidature présidentielle qui positionne le parti comme une “force de rupture avec le capitalisme”.

Concernant la structuration, un constat d’inégalité territoriale a été dressé. Certaines fédérations ont réussi à redynamiser les cellules en se basant sur les lieux de vie et de travail, tandis que d’autres peinent à fonctionner. Clara a souligné le besoin de retrouver des salariés dans l’organisation et de renforcer le suivi des fédérations en difficulté par la direction nationale.

“Et je pense qu’on a vraiment besoin, dans la période qui s’ouvre, et à plus forte raison parce qu’il y a tant de textes alternatifs, de faire grandir le débat chez les communistes en collectif, dans nos réunions de cellules, dans nos réunions de sections.” - Clara

Plusieurs questions subsidiaires mais cruciales ont été soulevées : - La formation : Nécessité de poursuivre et d’amplifier les efforts. - Les cadres : Manque de moyens pour structurer un secteur dédié et accompagner les fédérations. - Le rajeunissement : Comment mieux travailler avec le Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF). - Les moyens financiers et humains.

Enfin, elle a évoqué la question des statuts (centralisme démocratique, textes alternatifs) comme un débat à mener pour un futur congrès.

Récapitulatif des décisions et actions à entreprendre

La séance s’est conclue sur un consensus clair quant à la marche à suivre pour les participants en vue du 40e congrès.

  • travailler collectivement à l’amélioration de la “base commune” par le biais d’amendements. Cette approche est jugée plus constructive que la dispersion des voix sur les différents textes alternatifs et vise à consolider l’orientation issue du 38e congrès.
  • une prochaine réunion de travail sera organisée dans un délai court pour aider à la rédaction collective d’amendements à la “base commune”.

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